LES PLUMES · ABDD
Une maison ne devrait pas avoir une seule voix.
ABDD est né d’une plume, mais n’a aucune vocation à devenir le monologue d’un seul homme.
Les Plumes sont l’espace où d’autres sensibilités, d’autres expériences, d’autres façons de désirer, de douter, d’aimer, de rire et de penser le libertinage peuvent prendre leur place.
On peut y écrire souvent. On peut aussi n’y écrire que deux ou trois fois par an. Ce qui nous intéresse n’est pas la cadence.
Une plume n’a pas besoin d’écrire davantage. Elle a besoin de devenir davantage elle-même.
ÉCRIRE · PENSER · DÉSIRER
Votre voix n’a pas à ressembler à la nôtre.
Elle peut être tendre ou insolente. Littéraire ou très directe. Intime, philosophique, drôle, charnelle, critique ou hésitante.
Elle peut même contredire ce qui a déjà été écrit ici.
Une maison vivante supporte le désaccord. Mieux : elle s’en nourrit.
PUBLIER AUTREMENT
Nous ne recrutons pas des machines à contenu.
Notre époque a transformé l’expression en métrique : publier plus, être vu davantage, susciter plus de réactions, alimenter l’algorithme avant qu’il ne vous oublie.
Les Plumes choisissent l’inverse. Un texte mérite d’exister lorsqu’il y a quelque chose à dire — pas parce qu’un calendrier réclame sa ration de contenu.
01
Deux fois par an ?
Très bien. Deux textes habités valent mieux que cinquante textes écrits pour rester visible.
02
Une envie soudaine ?
Écrivez-la. Certaines idées arrivent sans prévenir et ne demandent aucune stratégie éditoriale.
03
Une longue maturation ?
Prenez votre temps. Une voix se construit aussi dans les silences, les lectures, les rencontres et les contradictions.
LE COMPAGNONNAGE
Aider une plume à déployer ses ailes.
Le mentor n’écrit pas à votre place. Il vous aide à entendre plus clairement votre propre voix.
Nous aimons l’idée de voir une plume se renforcer, trouver ses couleurs, devenir reconnaissable sans jamais devenir prévisible.
Le mentorat que nous voulons mettre en place au sein d’ABDD ne consiste pas à fabriquer des auteurs conformes à une ligne. Il consiste à lire attentivement, questionner, encourager, suggérer une structure, aider à préciser une pensée — puis savoir s’effacer.
Parfois, le meilleur accompagnement sera une correction. Parfois une conversation. Parfois un simple : « Va plus loin, c’est là que ta voix commence à devenir intéressante. »
Le but n’est pas de vous ajouter à notre galerie de portraits. Le but est de vous aider à ne plus avoir besoin de nous pour savoir ce que vous voulez dire.
ASSOCIATION, PAS COMPÉTITION
Nous refusons le podium.
Notre époque s’épuise à comparer : qui écrit le mieux, qui séduit le plus, qui rassemble le plus, qui reçoit le plus d’attention.
ABDD fait un choix délibéré : ne pas organiser Les Plumes autour de la compétition.
Il n’y aura pas de « meilleure plume », de tableau des auteurs les plus populaires ou de pression à publier pour conserver sa place.
UNE MAISON, PLUSIEURS COULEURS
La différence est précisément ce que nous cherchons.
Deux textes peuvent se contredire et avoir tous les deux leur place. Deux sensibilités peuvent ne rien partager et pourtant s’enrichir mutuellement.
Une plume nouvelle ne retire rien à celles qui étaient déjà là. Elle agrandit la conversation.
C’est cette saine association — ce compagnonnage — que nous voulons favoriser : s’entraider sans se confondre, s’inspirer sans se copier, grandir sans devoir vaincre quelqu’un.
LE DÉSIR COMME SUJET
Créer davantage d’espace pour que le désir puisse parler.
ABDD assume une admiration particulière pour le désir féminin dans toute sa beauté, sa liberté et sa complexité. Non parce qu’il serait supérieur aux autres désirs, mais parce qu’il a été si souvent raconté, surveillé, interprété ou défini par d’autres.
Nous voulons davantage l’entendre à la première personne : ce qu’une femme veut, ne veut plus, découvre, fantasme, refuse, ose dire, change d’avis ou choisit de ne jamais expliquer.
Et cela n’enlève rien aux désirs masculins, homosexuels, bisexuels, queer ou à ceux qui ne souhaitent simplement pas se laisser enfermer dans une nomenclature.
Refuser la compétition, c’est aussi rendre davantage d’espace à l’écoute.
IDENTITÉS, RÔLES ET DÉSIRS
Nous nous jouons des étiquettes avec délectation.
Les mots peuvent aider à se comprendre. Ils deviennent plus encombrants lorsqu’ils prétendent décider à notre place de ce que nous sommes autorisés à désirer.
Nous ne tenons ici aucun discours hostile à une orientation ou à une identité. C’est même l’inverse : nous nous intéressons à ce qui arrive lorsque l’individu redevient plus vaste que l’étiquette.
UNE POSITION POSSIBLE
Pénétrer
Dans beaucoup de scénarios hétérosexuels, l’homme se retrouve plus souvent dans la position du pénétrant. Cela peut être une façon d’offrir, de conduire, de répondre, de servir un désir — mais cela ne lui confère aucun droit sur l’autre.
Pénétrer n’est pas posséder.
UNE AUTRE POSITION POSSIBLE
Être pénétré
Être pénétré peut être voulu par une femme, un homme ou toute personne qui le désire. Cette position ne définit ni la valeur, ni la force, ni le genre, ni l’orientation de celui ou celle qui l’occupe.
Une pratique ne résume jamais une identité.
Et demain, les positions peuvent s’inverser. Ou disparaître. Ou ne plus intéresser du tout. Il appartient à chacun de décider ce qu’il désire au moment où il le désire, dans le respect du consentement de l’autre.
Le libertinage qui nous intéresse commence peut-être précisément là : lorsque nous cessons de demander aux catégories la permission d’explorer ce que nous ressentons.
PAS DE FORMAT UNIQUE
Qu’est-ce qu’une Plume peut publier ?
À peu près tout ce qui nourrit intelligemment la conversation libertine — pourvu que le texte ait une voix, une intention et respecte les personnes dont il parle.
01
Essais
Consentement, désir, jalousie, séduction, relations, normes, culture et idées.
02
Récits
Une expérience vécue, un voyage, une soirée, une rencontre, un moment qui mérite d’être raconté.
03
Littérature
Nouvelles, fragments, lettres, textes sensuels, poésie, fiction et futures Bonnes feuilles.
04
Désaccords
Répondre à un texte déjà publié, contester une idée ABDD, ouvrir une autre voie.
05
Lectures
Un livre, un auteur, une œuvre ou une pensée qui éclaire autrement notre rapport au désir.
06
Voix intimes
Une question, une vulnérabilité, un changement de regard ou quelque chose qu’on n’avait encore jamais osé formuler.
LIBERTÉ ÉDITORIALE
Vous n’avez pas à écrire ce que nous pensons.
ABDD n’attend pas des Plumes qu’elles répètent une doctrine maison. Une contribution peut être critique, dérangeante ou en désaccord avec un texte déjà publié.
Nous pouvons éditer la forme ensemble. Nous ne devons pas effacer la singularité du fond simplement parce qu’elle nous bouscule.
RESPONSABILITÉ
La liberté d’écrire n’efface pas celle des autres.
Les personnes réelles ne sont pas du matériau gratuit. Pas de coordonnées personnelles, de photos intimes ou d’éléments permettant d’identifier quelqu’un sans accord approprié.
Un récit peut être puissant sans trahir la confiance. La discrétion protège l’intime ; elle ne protège ni le harcèlement, ni l’abus, ni les comportements problématiques.
UNE MAISON POUR LES VOIX
Écrire ensemble, sans écrire pareil.
Une communauté intéressante n’additionne pas des profils. Elle crée des relations.
À mesure que la communauté ABDD prendra forme, Les Plumes pourront aussi se rencontrer dans un espace plus privé : partager une idée avant qu’elle devienne texte, demander un regard, créer un petit salon d’écriture, échanger des références ou trouver un mentor.
Nous ne voulons pas construire une galerie d’auteurs que l’on collectionne comme des profils. Nous voulons favoriser les associations : auteur et mentor, deux plumes qui se répondent, plusieurs personnes qui explorent un même thème, une rencontre qui fait naître un texte.
L’accès à ces espaces se fera progressivement, dans la même logique que le reste de la communauté : connaissance mutuelle, cooptation, accueil et responsabilité. La personne qui ouvre une porte aide aussi à comprendre la maison.
Pas de classement des contributeurs. Pas de compétition de visibilité. Pas d’algorithme chargé de décider quelle voix mérite d’être entendue.
PRENDRE LA PAROLE
Vous n’avez pas besoin de vous appeler « auteur ».
Vous avez peut-être simplement une histoire qui vous poursuit depuis quelques mois. Une idée avec laquelle vous n’êtes pas encore tout à fait au clair. Une expérience qui vous a fait changer d’avis. Un texte dans un tiroir.
Cela suffit pour commencer une conversation.
POUR COMMENCER
Envoyez quelque chose de vrai.
Un texte terminé, un brouillon, une idée en quelques lignes ou simplement le sujet que vous aimeriez explorer.
Nous regarderons d’abord s’il existe une conversation intéressante à avoir ensemble — pas si votre CV littéraire est suffisamment impressionnant.
AUCUN CONTRAT DE PRODUCTIVITÉ
Vous ne nous devez aucune cadence.
Publier aujourd’hui ne signifie pas promettre un article le mois prochain.
Une Plume peut apparaître deux fois par an et rester pleinement une Plume de la maison. Si un jour elle souhaite prendre son envol ailleurs, nous préférerons l’avoir aidée à grandir plutôt que l’avoir retenue.
LES PLUMES
Que chaque oiseau trouve ses propres couleurs.
Nous pouvons offrir une branche, quelques regards bienveillants, un peu de contradiction et peut-être un compagnon de vol.
Mais les ailes ne nous appartiennent pas.
Écrivez lorsque vous aurez quelque chose à dire. Puis laissez votre plume vous conduire là où elle souhaite aller.

