Note à moi-même : n’oublie pas que tu es vivant

Il y a dans nos vies un danger silencieux, insidieux, presque imperceptible : l’oubli de soi. Non pas l’oubli volontaire, libérateur, mais celui qui s’installe dans la répétition. Nous faisons toujours les mêmes gestes, prenons toujours les mêmes trajets, buvons le même café, nous abandonnons au confort de la routine. Et dans cette régularité, il nous arrive d’oublier que nous sommes vivants. Être vivant, ce n’est pas seulement respirer, travailler, dormir. C’est sentir la brûlure d’un regard posé sur nous, l’imprévisible douceur d’un “bonjour” prononcé avec sincérité, la surprise d’un “je t’aime” lancé comme une gifle tendre. Ce sont les autres qui [...]

De |2025-09-05T13:34:45-04:0009/05/2025|Vagabondages libertins|Commentaires fermés sur Note à moi-même : n’oublie pas que tu es vivant

La Culpabilité, ou l’art discret de nous tenir en laisse

La culpabilité est sans doute l’une des armes les plus raffinées qu’ait inventée notre société pour nous maintenir dans une forme de servitude volontaire. Elle n’a pas l’éclat des menottes ni le poids des chaînes, mais elle agit en silence, au plus intime de nos consciences, au creux de nos désirs, jusque dans nos draps froissés. Elle murmure qu’il faut se conformer, qu’il faut mériter l’approbation de la famille, du voisin, du curé, du patron, du compagnon ou de la compagne. Elle nous pousse à détourner le regard de notre propre joie pour scruter celle des autres, et à juger nos vies [...]

De |2025-08-27T16:59:35-04:0008/27/2025|Vagabondages libertins|Commentaires fermés sur La Culpabilité, ou l’art discret de nous tenir en laisse

L’arc-en-ciel contre l’obscurantisme

Il y a des époques où la lumière semble reculer, où les idées se contractent et où l’ombre gagne du terrain. Notre époque n’y échappe pas. Derrière le vernis des discours policés et les écrans lumineux de nos vies connectées, souffle un vent froid d’obscurantisme.Un obscurantisme qui ne s’annonce pas toujours en fanfare mais qui s’infiltre dans les discours moralisateurs, dans les interdits feutrés, dans la peur de l’autre et de ce qui ne nous ressemble pas.Un obscurantisme qui avance masqué mais qui, comme au XVIIᵉ siècle, cherche à réduire l’individu à une norme, à un moule, à une soumission. Les libertins [...]

De |2025-08-13T20:00:16-04:0008/13/2025|Vagabondages libertins|Commentaires fermés sur L’arc-en-ciel contre l’obscurantisme

Marivaux, ou le libertinage en gants de dentelle

L’art de marivauder le désir « Le cœur a ses raisons que la raison même ignore… mais chez Marivaux, c’est surtout la langue qui les dévoile. » À la croisée du théâtre des passions et de la philosophie du sentiment, Marivaux règne en maître subtil du libertinage de salon, celui qui ne s'exhibe pas dans les alcôves mais se déploie dans les salons feutrés, entre soupirs contenus et mots caressants. Si Sade représente la transgression frontale et Apollinaire l’ivresse des sens, Pierre de Marivaux explore le précipice du désir avec une plume de soie : celle du marivaudage, ce style qui deviendra [...]

De |2025-08-13T19:19:05-04:0007/29/2025|Vagabondages libertins|Commentaires fermés sur Marivaux, ou le libertinage en gants de dentelle

Pluralité et Gangbang

Petit précis d’usage à l’attention des étalons mal domptés Messieurs qui bandent à l’unisson, mes braves impatients au gland luisant, laissez-moi vous recracher en pleine bouche une vérité qu’on oublie trop souvent dans le fracas de vos reins : la pluralité n’est pas forcément un gangbang, mais tout gangbang est une pluralité. Comprenez cela, et vous serez moins cons. Dans la pluralité, la femme se fait temple. Elle s’étend, s’étale, s’offre, on la baise comme on prie, les mains jointes autour de ses hanches. On y prend son temps, parfois — on se partage la déesse, on la déguste lentement, on explore [...]

De |2025-08-13T19:19:12-04:0007/16/2025|Vagabondages libertins|Commentaires fermés sur Pluralité et Gangbang

À qui j’appartiens ? À moi. Et à mon désir.

S’il y a une personne à qui j’appartiens, c’est moi-même. Cela peut paraître arrogant. Peut-être même égoïste. Mais c’est une vérité longuement mûrie, distillée au fil de vingt années de libertinage, entre regards brûlants, peaux offertes et plaisirs choisis. Le libertinage m’a appris que je suis à moi. Mon corps n’obéit qu’à mon désir. Et ce désir ne supporte ni cage ni serment. Il s’offre. Ou il s’éteint. Oui, nous naissons attachés. Une mère, un cordon, puis des règles, des modèles. Et parfois, il faut une vie pour couper. Le libertinage, lui, m’a tendu les ciseaux avec douceur et clarté. C’est dans [...]

De |2025-08-13T19:19:23-04:0006/18/2025|Vagabondages libertins|Commentaires fermés sur À qui j’appartiens ? À moi. Et à mon désir.
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