Je ne veux plus être fort
On m'a appris à être fort. Je ne saurais même pas dire qui est ce « on ». Mes parents ? L'école ? Les autres garçons ? Les femmes, parfois ? Les films certainement. Quelques héros virils qui encaissaient les coups, perdaient leurs amis, leurs maîtresses et quelquefois quelques litres de sang sans jamais avoir la mauvaise idée de pleurer. Probablement un peu tout le monde. On apprend très tôt à un garçon que certaines émotions sont acceptables et que d'autres le sont beaucoup moins. La colère, ça va. La colère est virile. On peut serrer les poings. Hausser le ton. Claquer [...]

