Un « Les Caprices de… » un jeudi soir

Le Yoko Luna vibrait déjà d’une vie sourde quand j’entrai. Les lumières, tamisées, se posaient en nappes dorées sur les boiseries noires, comme une peau brillante de sueur sous un éclairage de fin de soirée. L’air était dense, mêlant parfums de cuisine — coriandre, gingembre confit, soja caramélisé — et notes plus animales, apportées par les corps et les vêtements. Je choisis ma place au comptoir, au fond, là où l’on peut tout observer. Je commandai un Expresso Martini, que je fis préparer au mescal fumé. La première gorgée, chaude et amère, roula dans ma bouche avant de descendre me réchauffer la [...]

De |2025-09-17T23:11:27-04:0008/20/2025|Le Caprice, Vagabondages libertins|Commentaires fermés sur Un « Les Caprices de… » un jeudi soir

Caprice d’un soir : la Balzac et la baie vitrée

Le Sarah B avait cette lumière ambrée qui s’accroche aux murs comme une caresse tiède sur la peau. Dans le bruissement discret des conversations, je la vis entrer. Lilith. Elle s’avança avec cette élégance étudiée, robe aux découpes savantes laissant deviner la dentelle qu’elle avait choisie pour troubler. Rien d’indécent pour l’œil distrait. Tout un poème érotique pour celui qui sait lire la peau. Elle s’installa au bar, à quelques mètres de moi, le dos droit, un léger sourire aux lèvres. Elle demanda au bartender de la conseiller, prétextant ne pas connaître l’absinthe. Je la regardais, savourant ce jeu qui commençait déjà. [...]

De |2025-09-17T23:11:48-04:0008/15/2025|Le Caprice, Vagabondages libertins|Commentaires fermés sur Caprice d’un soir : la Balzac et la baie vitrée

L’arc-en-ciel contre l’obscurantisme

Il y a des époques où la lumière semble reculer, où les idées se contractent et où l’ombre gagne du terrain. Notre époque n’y échappe pas. Derrière le vernis des discours policés et les écrans lumineux de nos vies connectées, souffle un vent froid d’obscurantisme.Un obscurantisme qui ne s’annonce pas toujours en fanfare mais qui s’infiltre dans les discours moralisateurs, dans les interdits feutrés, dans la peur de l’autre et de ce qui ne nous ressemble pas.Un obscurantisme qui avance masqué mais qui, comme au XVIIᵉ siècle, cherche à réduire l’individu à une norme, à un moule, à une soumission. Les libertins [...]

De |2025-08-13T20:00:16-04:0008/13/2025|Vagabondages libertins|Commentaires fermés sur L’arc-en-ciel contre l’obscurantisme

Marivaux, ou le libertinage en gants de dentelle

L’art de marivauder le désir « Le cœur a ses raisons que la raison même ignore… mais chez Marivaux, c’est surtout la langue qui les dévoile. » À la croisée du théâtre des passions et de la philosophie du sentiment, Marivaux règne en maître subtil du libertinage de salon, celui qui ne s'exhibe pas dans les alcôves mais se déploie dans les salons feutrés, entre soupirs contenus et mots caressants. Si Sade représente la transgression frontale et Apollinaire l’ivresse des sens, Pierre de Marivaux explore le précipice du désir avec une plume de soie : celle du marivaudage, ce style qui deviendra [...]

De |2025-08-13T19:19:05-04:0007/29/2025|Vagabondages libertins|Commentaires fermés sur Marivaux, ou le libertinage en gants de dentelle

Pluralité et Gangbang

Petit précis d’usage à l’attention des étalons mal domptés Messieurs qui bandent à l’unisson, mes braves impatients au gland luisant, laissez-moi vous recracher en pleine bouche une vérité qu’on oublie trop souvent dans le fracas de vos reins : la pluralité n’est pas forcément un gangbang, mais tout gangbang est une pluralité. Comprenez cela, et vous serez moins cons. Dans la pluralité, la femme se fait temple. Elle s’étend, s’étale, s’offre, on la baise comme on prie, les mains jointes autour de ses hanches. On y prend son temps, parfois — on se partage la déesse, on la déguste lentement, on explore [...]

De |2025-08-13T19:19:12-04:0007/16/2025|Vagabondages libertins|Commentaires fermés sur Pluralité et Gangbang

Montréal est une caresse

Chapitre I — Où l’on apprend que le plaisir a une langue qui se parle en deux accents C’était une époque claire et fauve, comme sait l’être un printemps à Montréal quand les dernières plaques de neige cèdent sous le souffle humide des premiers après-midis tièdes. Les jupes reprenaient leurs droits sur les jambes et les regards, et l’air portait ce parfum de possibles, lourd de promesses que nul hiver ne saurait plus étouffer. J’étais arrivé d’Europe, les narines encore gorgées de souvenirs de zincs parisiens, de lèvres peintes et de poings serrés sur des draps froissés. J’avais posé mes valises sur [...]

De |2025-07-30T15:39:03-04:0007/06/2025|Guides, Vagabondages libertins|Commentaires fermés sur Montréal est une caresse
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