Montréal est une caresse
Chapitre I — Où l’on apprend que le plaisir a une langue qui se parle en deux accents C’était une époque claire et fauve, comme sait l’être un printemps à Montréal quand les dernières plaques de neige cèdent sous le souffle humide des premiers après-midis tièdes. Les jupes reprenaient leurs droits sur les jambes et les regards, et l’air portait ce parfum de possibles, lourd de promesses que nul hiver ne saurait plus étouffer. J’étais arrivé d’Europe, les narines encore gorgées de souvenirs de zincs parisiens, de lèvres peintes et de poings serrés sur des draps froissés. J’avais posé mes valises sur [...]









